Metal Gear Solid 3 : Snake Eater ayant dépassé nombre de nos attentes, que pouvait inventer Konami pour rendre son chef-d'oeuvre encore plus indispensable qu'il
ne l'est actuellement ? L'agrémenter de bonus, peaufiner le gameplay et rajouter un mode Online sans parler d'un petit prix de 40 euros. Ce rêve a désormais un nom : Metal Gear Solid 3
: Subsistence. Difficile, donc, de ne pas être dithyrambique en évoquant cet ultime opus PS2 qui est plus que jamais un message d'amour d'un créateur envers sa créature.
Bien que les fans de
Solid Snake aiment à encenser ou critiquer Snake Eater en le mettant face à l'"auteurisant" Metal Gear Solid 2, difficile de cracher dans la soupe en pointant du doigt ce troisième
épisode qui, s'il privilégie la dimension cinématographique à celle philosophique, n'en reste pas moins un émouvant hommage à un personnage qui est devenu au fil du temps une des plus
grandes icônes vidéoludiques. De fait, Subsistence peut être comparé à une sorte de musée à la gloire d'un héros ayant bravé le temps avec une insouciante aisance. Passé, présent et
futur se croisent dans cette seconde version de Snake Eater à travers les deux premiers Metal Gear MSX, la jouabilité remaniée de MGS 3 et le trailer du très attendu MGS 4. Loin d'être
un simple attrape-geeks, Subsistence offre donc aux joueurs de véritables cadeaux présents sous forme de vidéos parodiques (certaines étant absolument hilarantes) ou bien encore d'un
mode Online. Mais avant de revenir sur ces bonus, revenons rapidement sur le jeu en lui-même.
Ca ne sert à rien
mais ça fait toujours plaisir. Rompez soldat !
Metal Gear Solid 3 : Subsistence s'appuie sur les événements de la Guerre froide dont la crise des missiles de Cuba a été un des points les plus importants. Situant son
histoire dans les années 60, Kojima en profite pour nous raconter la genèse de Snake, de The Boss, du projet Les Enfants terribles et de plusieurs personnages emblématiques de la saga à
l'image de Revolver Ocelot qui d'un pistolero juvénile se transformera en sadique tortionnaire bien des années plus tard. Bien qu'il soit préférable d'avoir terminé MGS et MGS 2 pour
comprendre les tenants et les aboutissants de certaines révélations, le scénario du jeu pourra malgré tout se laisser déguster, tant la galerie de "seconds couteaux" est intéressante.
Bien sûr, tous les personnages ne se valent pas, les ambitions du colonel Volgin sont finalement assez basiques mais ce qui ressort le plus du scénario se situe bel et bien au niveau
des confrontations physiques et mentales de Snake et de son mentor. D'ailleurs si la première partie du jeu est davantage centrée sur la mission du héros qui sera de retrouver un
scientifique du nom de Sokolov, le créateur du Shagohod, elle sert également à installer les personnages. Ceci nous aidera alors à mieux appréhender les aspirations de ces derniers dans
la seconde partie qui se déroulera quelques jours plus tard.
Peu d'armes à
disposition mais on s'en accommode. Notez au passage les différents choix de musique en bas de l'écran.
Reprenant la construction de Metal Gear Solid 2, Subsistence lui est pourtant supérieur en tous points. Si nous devons toujours jouer au chat et à la souris avec des
gardes attentifs au moindre bruit, MGS 3 troque les environnements étriqués et froids de MGS 2 contre des espaces plus ouverts et riches en couleurs. Reprenant le gameplay du précédent
épisode, vous pourrez toujours user de nombreux mouvements pour mettre en joue les gardes afin de leur soutirer des items ou des munitions, pour les tuer en silence, etc. D'autres
mouvements, dits CQC, vous permettront d'attaquer des gardes par derrière, de leur soutirer des informations, de les faire tomber... De plus, vous aurez cette fois la possibilité de
monter dans des arbres (bien que cette astuce soit assez mal exploitée car très dirigiste) ou de vous cacher dans les herbes ou dans des troncs d'arbres creux pour passer inaperçu.
Cependant le gros plus de Subsistence reste un nouvel angle de caméra, positionné derrière Snake et qui permet de mieux situer la position des gardes notamment. Maniable à 360°,
l'objectif devient alors un précieux allié en permettant aux joueurs de totalement redécouvrir le jeu de Kojima. Une véritable bénédiction. Question gadgets, votre besace renferme des
cigarettes anesthésiantes, des pilules pour feindre une mort rapide, des magazines pour détourner l'attention des soldats, et beaucoup plus encore. Les moyens offensifs ne sont pas en
reste avec une douzaine d'armes à disposition parmi lesquelles un six-coups, un fusil de sniper, une mitraillette lourde, un lance-roquettes... De plus, vous pourrez aussi vous servir
des armes de vos ennemis (tourelles DCA ou mitraillettes sur pied) pour venir rapidement à bout de tous vos problèmes. En somme, le gameplay s'étoffe et nécessite cette fois que vous
utilisiez le stick pour avancer à pas de loups ainsi que la croix de direction lorsque vous désirerez éliminer un garde sans vous faire remarquer. Une petite innovation qui évitera de
se faire repérer en courant près d'un garde après avoir appuyé trop fort sur le stick analogique.
Oui, ça ne date
pas d'hier mais avouez que c'est tout de même génial de pouvoir y jouer dans la langue de Molière.
Mais la grande force de cet épisode vient de son orientation survie. Ainsi, si vous veniez à être blessé, vous devriez immédiatement vous soigner afin de récupérer votre
énergie. Pour ce faire, vous devez alors passer par un menu et soigner les blessures de Snake en utilisant des bandages, du désinfectant, du fil chirurgical, des antiseptiques et
d'autres produits de même nature. Cet aspect se veut complémentaire de l'obligation que vous avez de chasser ou de partir à la cueillette aux champignons afin de vous guérir ou de
reprendre des forces. L'autre nouveauté de MGS 3 vient de nombreux camouflages utilisables à tout moment de l'aventure. Ceux-ci vous serviront à vous fondre dans votre environnement et
vous permettront même d'être totalement invisible aux yeux des soldats. Suivant l'environnement où vous vous trouvez, vous devrez choisir la tenue la plus adéquate ainsi que la peinture
à appliquer sur votre visage. Si vous êtes par exemple adossé à un mur de briques rouges, une tenue aux couleurs ocres et une absence de peinture sur le visage seront idéales. Par
contre si vous êtes caché dans des herbes hautes, votre préférence devra aller à une tenue kaki et une peinture verte pour le visage, ceci augmentant le pourcentage de camouflage qui
vous renseignera sur votre degré d'invisibilité. A ce sujet, notez que Subsistence comprend tous les camouflages qui étaient téléchargeables dans la précédente version, dont ceux aux
couleurs de différents pays.
Une des meilleurs
vidéos parodiques avec celle de Metal Gear Raiden.
Bien que le graphisme du jeu soit admirable, d'énormes traces d'aliasing et de tearing viennent un peu ternir le tableau. Cependant, la diversité des lieux reste très
agréable et le character design de Shinkawa frôle une fois de plus la perfection. La bande-son n'est pas en reste avec des thèmes musicaux aux accents très rétro qui sont totalement
dans le style James Bond auquel MGS 3 emprunte beaucoup. Harry Gregson Williams reprend du service après MGS 2 et il faut bien dire que ce compositeur a totalement capté l'essence même
du jeu. Les thèmes sont parfaitement adaptés aux situations, aux ambiances, la composition est de grande qualité et on retiendra surtout que les musiques font partie intégrante du jeu,
lui insufflant une vie propre, chose rare pour un jeu d'infiltration. Si c'est la question de la durée de vie qui vous préoccupe, sachez que la longévité de Subsistence est assurée par
une pléthore de bonus. D'un côté les deux premiers Metal Gear MSX, limités mais à apprécier une petite larme à l'oeil. De l'autre, des vidéos parodiques totalement idiotes donc
indispensables ainsi qu'un DVD uniquement consacré à une sélection de cinématiques de Snake Eater et un trailer de MGS 4. Enfin, le mode Online qui propose à 8 joueurs de s'affronter en
incarnant plusieurs personnages, ennemis comme amis, issus de l'aventure principale. Bonne initiative, d'autant que plusieurs modes sont dispos (Mission d'infiltration, de capture, de
sauvetage, combat à mort en équipe, combat à mort), mais le problème est que le gameplay de MGS 3 n'est pas vraiment adapté au Online. Le fait de ne pouvoir se déplacer en vue
subjective (pour un plus grand confort) est embêtant, le petit temps de latence entre le moment où on appuie sur la touche "action" et celui où le personnage tire peut être fatal et on
a un peu de mal à trouver ses marques même si le tout reste assez convivial. Notez également qu'il est possible de locker un adversaire en appuyant sur L1 lorsqu'on joue à la troisième
personne. Enfin, les serveurs semblent stables, on y trouve déjà pas mal de monde et nous n'avons eu aucun problème de connexion, ce qui est une bonne nouvelle.
Le gameplay de MGS
3 n'est vraiment pas adapté au Online et on a du mal à trouver ses repères.
Au final, Subsistence comporte quelques petits défauts d'ordre technique mais complète parfaitement un jeu qui se suffisait déjà à lui-même. Une mise en scène inventive,
un scénario captivant, des personnages charismatiques, un gameplay profitant de multiples innovations, dont un nouvel angle de caméra salvateur, des bonus à la pelle et un petit prix de
vente de 40 euros sont donc autant de bonnes raisons d'acquérir ce chef-d'oeuvre qu'est MGS 3, si ce n'est pas encore fait. Enfin, difficile de ne pas recommander également ce titre aux
fans purs et durs qui posséderaient déjà l'original puisque rien que la jouabilité améliorée est une "excuse" suffisante pour reprendre le jeu afin de le découvrir sous un nouvel angle
! A vous de voir cependant mais dans tous les cas, voici un bien beau cadeau de fin d'année de la part de Konami qui, tout en ayant trouvé une bonne façon de faire rentrer de l'argent
frais dans ses caisses, ne laisse pas le joueur sur le carreau avec une simple réédition avare en contenu exclusif. En somme, tout le monde s'y retrouve et c'est bien là le
principal.